Nawal Rezagui

Nawal Rezagui, la cuisine de la mémoire et de l’émotion

Née au Maroc, où elle grandit bercée par le parfum des plats mijotés et la convivialité des grandes tablées familiales, la cheffe Nawal Rezagui se destinait d’abord à une carrière dans l’informatique industrielle. C’était sans compter sur sa passion d’enfance, la cuisine, qui a fini par s’imposer comme une évidence. Elle entreprend de nouvelles études, ouvre un restaurant à El Jadida avant de s’envoler pour la France pour approfondir sa formation en gastronomie. Un pari réussi ! Dix ans seulement après sa reconversion, la cheffe décroche, en mars 2026, sa première étoile Michelin à la tête du restaurant Alcôve, en Champagne. Entre souvenirs d’enfance et passion du partage, elle nous livre les secrets d’une cuisine universelle.

Vous venez de décrocher votre première étoile Michelin. Quelles ont été vos toutes premières pensées à l’annonce de cette distinction ?

À ma famille, à ma mère surtout. Mon mari était à côté de moi, très ému lui aussi. J’ai repensé à tout le travail accompli, aux moments de doute, de fatigue, de stress, ainsi qu’à toutes les personnes qui m’ont soutenue et à celles qui n’ont pas cru en moi.

Comment définiriez-vous l’identité de votre cuisine aujourd’hui ?
Je fais une cuisine qui me ressemble, entre précision technique, mélanges subtils et caractère.

Quel plat exprime le mieux votre identité culinaire ?
Toute ma carte !

Un retour de client qui vous a particulièrement marqué au cours de votre parcours?
Oui. Une cliente a pleuré en goûtant mon plat d’agneau aux épices douces. Il lui avait rappelé ce que lui préparait sa grand-mère.

Vous dites souvent que « la cuisine, c’est un voyage dans le temps : quand on mange quelque chose, ça nous ramène toujours à notre enfance ». Quels goûts du Maroc vous accompagnent encore au quotidien ?
Il y en a tant ! L’odeur des sardines grillées dans les rues en été, les plats mijotés aux épices, la saveur de la viande aux pruneaux des jours de fête… et bien sûr le couscous du vendredi partagé en famille.

Si vous deviez raconter le Maroc à travers un seul plat ?
Une rfissa au poulet fermier. C’est un plat généreux, profondément lié aux valeurs de partage et de transmission.

Votre brigade est une véritable mosaïque internationale, du Sri Lanka en passant par la Thaïlande, le Portugal, le Chili, les Comores, l’Ukraine et bien sûr la Champagne. Que vous apporte cette diversité ?

Une immense richesse. Les échanges culinaires ainsi que la découverte de nouveaux produits ou épices nourrissent énormément la créativité. À cela s’ajoute le fait que nous sommes soudés par une passion commune.

Pour vous, où se situe aujourd’hui le véritable luxe gastronomique ?

Dans le temps justement. Prendre le temps d’apprécier un produit, un moment partagé, une émotion. La gastronomie, c’est avant tout l’art de créer des souvenirs mémorables.

Date de Publication Août 2026

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