Yoriyas, l’énergie du quotidien
Figure emblématique du breakdance marocain avec son groupe Lhiba Kingzoo, Yassine Alaoui Ismaili, alias Yoriyas,…
Quelques semaines après la troisième édition du Royal Nautique Pro, étape marocaine du Waterski Pro Tour qui s’est tenue à Rabat-Salé du 5 au 7 juin derniers, Kamil Belmrah, champion d’Afrique en titre de ski nautique, revient sur cette compétition à domicile et se confie sur son rapport à l’eau, à la vitesse et à un Maroc maritime encore à explorer.
À pleine vitesse, le monde devient simple. Il n’y a plus que vous, la corde, le bateau qui vous guide et la trajectoire à suivre. C’est cette sensation de liberté absolue qui rend la discipline si addictive, avec la promesse, à chaque passage, de quelques secondes d’oubli complet.
Le public voit la vitesse, le geste, parfois la chute. Ce qu’il voit moins, c’est le travail invisible : des heures de préparation physique, de mobilité, de gainage, de récupération, de répétition. En slalom, tout peut se jouer en quelques secondes et une fraction d’inattention peut tout faire basculer.
Le Maroc a cette richesse unique d’offrir une grande diversité de plans d’eau adaptés à la pratique de ce sport. Le Bouregreg, à Rabat, est exceptionnel. Il est encadré par la Kasbah des Oudayas d’un côté, par Salé de l’autre, avec une eau remarquablement plate les matins d’été.
Dans la région de Rabat, j’apprécie également Dayat Erroumi, un lac protégé du vent qui dispose d’infrastructures techniques aux standards internationaux. À cela s’ajoutent Agadir, Dakhla ou encore Marrakech, avec notamment Essaouira et le lac de Lalla Takerkoust, des destinations majeures pour les sports de glisse. Au fil des plans d’eau, le Maroc se révèle alors sous un autre jour. Le voyage ne passe plus seulement par les villes, les routes ou les paysages terrestres, mais aussi par les vents, les reflets et les lumières changeantes.
Le volet mental est sans doute encore plus exigeant que le volet physique. Il faut apprendre à respirer, à visualiser, à faire abstraction du bruit extérieur. La peur existe, bien sûr, mais il ne s’agit pas de l’éliminer : il faut l’apprivoiser. Elle devient un outil de vigilance. À grande vitesse, on prend la mesure de la violence du plan d’eau, et à force, on apprend à anticiper le vent, le courant, à comprendre les réactions de son propre corps. Maîtriser le risque, pour moi, c’est reconnaître son existence et le traiter avec rigueur et humilité.
Porter les couleurs du Maroc est une immense responsabilité. Quand je skie, je pense à ma famille, à mes entraîneurs et à tous ceux qui ont accompagné mon parcours. Je pense aussi à celles et ceux qui découvrent qu’un Marocain peut rivaliser avec les meilleurs dans cette discipline.
Le ski nautique demeure un sport confidentiel au Maroc et la création d’une fédération n’a pas été simple. C’est pourquoi le titre de champion d’Afrique toutes catégories 2026, accompagné des distinctions de meilleur skieur africain de l’année et détenteur du record d’Afrique, revêt une signification particulière pour moi. Il démontre que le Maroc a toute sa place au plus haut niveau continental.
Une journée parfaite commencerait tôt, à six heures, quand l’eau est encore lisse comme un miroir. Une session matinale, suivie d’un petit-déjeuner en terrasse, puis d’un moment de repos pendant les heures chaudes. En fin d’après-midi, retour sur l’eau pour une nouvelle session, avant de terminer la journée face au coucher du soleil et d’apprécier un dîner en famille. C’est très simple, mais c’est exactement cela un été réussi. Tout ce dont on a besoin c’est de l’eau, du soleil et un peu d’audace. Ces trois ressources, le Maroc en regorge.
Quant à la nouvelle génération, je la trouve impressionnante, parce qu’elle mélange les disciplines entre wakeboard, surf, foil, kite, sans complexe, et qu’elle sait ce qu’elle veut. Mon rôle, je crois, c’est de leur dire que c’est possible, qu’on peut représenter le pays au plus haut niveau, qu’il n’y a pas de plafond quand le travail, l’encadrement et l’envie sont là.
Portrait de Kamil Belmarh en bref
À 21 ans, Kamil Belmarh s’est imposé comme le visage du ski nautique marocain. Formé à Rabat, le champion a multiplié les performances internationales : champion d’Europe-Afrique U17 en 2021, médaillé aux Masters Juniors de Callaway Gardens, troisième des championnats Europe-Afrique U21 en 2023, puis sacré champion d’Afrique toutes catégories et meilleur skieur africain de l’année 2026. Une trajectoire fulgurante qui fait aujourd’hui de lui l’un des ambassadeurs des sports nautiques marocains.
Date de Publication juillet 2026
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