Arkane Afrika : l’art comme langage africain commun

Abderrahmane Ouardane. Photo All rights reserved

En marge du Salon international des ports et de leurs écosystèmes, qui s’est tenu du 1er au 3 avril à El Jadida, Arkane Afrika a réuni des artistes venus de plusieurs pays d’Afrique et de la diaspora autour d’une exposition d’art contemporain engagée.

À travers cette plateforme mêlant  résidences d’artistes et expositions, les créateurs explorent  les ports comme lieux de circulation des idées, des cultures et des imaginaires. Son fondateur, l’artiste peintre Abderrahmane Ouardane, revient sur l’esprit et l’ambition de ce projet, qu’il a fondé en 2015.

Pourquoi avoir créé Arkane Afrika et comment a-t-elle évolué ?

Le continent porte une énergie créative immense, mais les lieux où les artistes peuvent se rencontrer, dialoguer et croiser leurs imaginaires restent encore rares. C’est de ce constat  qu’est née l’idée de créer une plateforme réunissant des artistes venus de différents pays d’Afrique et de la diaspora, un espace de rencontre, de confrontation des pratiques, un laboratoire de création et de dialogue culturel, pour imaginer et inventer ensemble de nouvelles perspectives et s’ouvrir sur le monde.

Au départ, il s’agissait surtout d’une rencontre artistique. Au fil des éditions, le projet s’est structuré pour devenir une véritable plateforme culturelle. Aujourd’hui, Arkane Afrika développe des résidences d’artistes, des expositions et des partenariats, avec l’ambition de  renforcer les passerelles entre les scènes artistiques africaines et les réseaux culturels internationaux.

Ces résidences d’artistes sont au cœur du projet. Qu’apportent-elles ?

La richesse d’Arkane Afrika réside avant tout dans les rencontres humaines. Lors des résidences, des artistes qui ne se connaissent pas se retrouvent, confrontent leurs univers, leurs histoires et leurs sensibilités.  Très vite, un dialogue s’installe, les influences se croisent et des collaborations inattendues émergent.

Ces moments d’échange sont précieux, car ils montrent que l’art peut devenir un véritable langage commun entre des créateurs venus d’horizons différents.

The Tunisian artist Yassine Brouje during his residency in Morocco
All rights reserved Association Arkane

Certains artistes vous ont-ils particulièrement marqué ?

Chaque artiste apporte sa vision et son énergie. Ce qui me touche particulièrement, c’est la capacité de certains créateurs à transformer leurs racines culturelles, leur mémoire ou leur environnement en un langage artistique universel.

Les résidences sont, elles-mêmes, traversées par des thématiques fortes : l’identité, la spiritualité, les migrations ou encore la relation à la nature. Cette diversité reflète toute la richesse des imaginaires africains contemporains. Notre plus grande satisfaction est aussi de voir que plusieurs artistes passés par Arkane poursuivent aujourd’hui de belles trajectoires sur les scènes artistiques africaine et internationale.

The artist René Tavarès, from São Tomé, during his residency in Morocco All rights reserved Association Arkane

Qu’est-ce qui distingue l’édition de cette année ?

Cette édition s’inscrit dans une réflexion autour de l’espace atlantique africain. L’Atlantique n’est pas seulement une géographie, c’est un espace de circulation d’histoires, de mémoires et d’influences culturelles reliant l’Afrique à ses diasporas.

En invitant les artistes à explorer ce thème, nous souhaitions montrer que la création artistique peut accompagner les transformations sociales, environnementales et économiques du continent, tout en révélant les imaginaires qui traversent nos sociétés.

Saidou Dicko . 100 × 100 cm . All rights reserved Association Arkane

Raymond Yves Kono . 130 × 150 cm . All rights reserved Association Arkane

Royal Air Maroc, partenaire d’Arkane Afrika

Depuis la création de cette plateforme, en 2015, Royal Air Maroc soutient Arkane Afrika. En facilitant la mobilité des artistes venus de différents pays africains et de la diaspora, la compagnie contribue concrètement à rendre possibles ces rencontres et ces résidences.

Cet engagement traduit une vision forte : accompagner la circulation des artistes, des œuvres et des idées entre les différentes scènes culturelles africaines et le reste du monde. Un partenariat qui rappelle que les échanges culturels, tout comme les voyages, rapprochent les continents et ouvrent de nouveaux horizons.

Date Publication Mai 2026

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