Mimoun Azzouz

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Mimoun Azzouz, la recherche sans frontières

Originaire de Nador, Mimoun Azzouz figure parmi les scientifiques les plus reconnus dans le domaine des thérapies géniques et s’est vu attribuer, cette année, le prestigieux Outstanding Achievement Award au Royaume-Uni. Professeur de neurosciences translationnelles à l’Université de Sheffield et directeur du du Gene Therapy Innovation and Manufacturing Centre (GTIMC), il est également entrepreneur scientifique, cofondateur de BlackfinBio et Crucible Therapeutics, et coordinateur d’un consortium européen de 25,5 millions d’euros dédié aux thérapies avancées.

Quel a été le moment décisif de votre parcours ?

Le véritable tournant a été ma rencontre avec les maladies neurodégénératives. À l’époque, les enfants atteints d’amyotrophie spinale (SMA) décédaient généralement avant l’âge de deux ans et aucun traitement n’existait. Il fallait trouver des solutions. Aujourd’hui, l’une des stratégies développées dans notre laboratoire permet depuis 2017 à des enfants traités d’être toujours en vie. C’est une source de très grande satisfaction.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le potentiel de la recherche au Maroc ?

Lorsque je suis parti poursuivre mes études à Marseille en 1993, les recherches en neurosciences étaient marginales au Maroc. Aujourd’hui, les universités et les établissements de santé publics et privés peuvent désormais mener des projets de recherche de haut niveau, encouragés par les pouvoirs publics.

Quel rôle les Marocains résidant à l’étranger peuvent-ils jouer dans le développement du Royaume ?

Ils constituent une formidable richesse pour le pays. Au-delà de l’investissement financier, ils apportent leur expérience, leurs compétences, leurs réseaux et leur capacité à créer des collaborations. Certains choisissent de revenir au Maroc, d’autres contribuent depuis l’étranger en partageant leur expertise au sein des universités, des entreprises ou des secteurs innovants. Très attaché au Royaume, j’y retourne régulièrement pour retrouver ma famille, mais aussi pour participer à des projets académiques. À travers des programmes de l’International Brain Research Organization (IBRO), je m’investis notamment dans la formation de jeunes chercheurs. La transmission des connaissances fait partie intégrante de mon engagement.

Quel est le prochain défi que vous vous êtes fixé ?

Lancer de nouveaux essais cliniques en thérapie génique reste une priorité. Mais j’ai aussi un rêve : contribuer à créer au Maroc un centre d’innovation comparable à celui que nous avons construit au Royaume-Uni, afin de mettre cette expérience au service du développement scientifique du Royaume.

Date de Publication Août 2026

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