Rachid Yazami

© Mostafa Errami

Rachid Yazami, l’énergie de demain

Né à Fès et installé à Singapour, Rachid Yazami est l’inventeur de l’anode en graphite utilisée aujourd’hui dans la quasi-totalité des batteries lithium-ion. Une innovation majeure qui a contribué à l’essor des smartphones, des véhicules électriques et, plus largement, de la transition énergétique.
Lauréat du prestigieux Draper Prize et détenteur de plus de 250 brevets, ce scientifique marocain de renommée mondiale reste pourtant d’une remarquable simplicité. À plus de 70 ans, son regard est plus que jamais tourné vers l’avenir.

Votre domaine de recherche est au cœur des enjeux économiques mondiaux.

Absolument. L’évolution mondiale montre clairement que les batteries joueront un rôle central dans l’économie des prochaines décennies. L’enjeu est de rendre les batteries toujours plus performantes, plus sûres et moins coûteuses.

Quels sont les atouts du Maroc dans ce secteur ?

Le Maroc dispose d’atouts exceptionnels : les plus grandes réserves mondiales de phosphate (un élément essentiel pour les batteries lithium-fer-phosphate (LFP)), un fort potentiel en énergies renouvelables, une position stratégique ainsi qu’une industrie, notamment automobile, déjà solide. Je suis convaincu qu’il peut devenir un acteur majeur du secteur des batteries à condition d’investir davantage dans la recherche, l’ingénierie et la formation.

Vous avez décidé de participer au développement du Maroc dans ce domaine.

Avec Mohamed Aziz Lahlou, président de l’Université Privée de Fès, nous avons créé un centre de recherche sur les batteries pour former les futurs ingénieurs marocains. Je me réjouis de l’arrivée de la gigafactory de Kénitra. Mon ambition reste de voir émerger un jour une gigafactory 100 % marocaine, fondée sur nos talents, notre recherche et nos technologies.

Quel est, selon vous, le plus grand apport des Marocains résidant à l’étranger pour le Royaume ?

Ils constituent une richesse extraordinaire pour le pays. Présents dans la recherche, la médecine, les nouvelles technologies, la finance ou l’entrepreneuriat, ils disposent de réseaux internationaux, connaissent plusieurs cultures et sont capables de créer des passerelles. À mes yeux, l’enjeu réside dans la circulation des compétences, le partage des idées et le développement des collaborations.

En plus de la science, vous vous engagez aussi dans la transmission culturelle. Pourquoi ?

Le théâtre est une autre de mes passions. À Paris, je suis producteur d’une compagnie de théâtre, avec la Française Isabelle Valentin. J’ai décidé de fonder, à Marrakech, le Théâtre Molière et le Cours Valentin. À mes yeux, investir ne signifie pas seulement construire des usines ou développer des technologies. C’est aussi investir dans la culture, la transmission et la jeunesse.

Date de Publication Août 2026

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